Comprendre les
violences numériques.
Huit formes de violences basées sur le genre facilitées par la technologie : définitions, signaux d'alerte et démarches à suivre.
Reconnaître, réagir, se protéger
Pour chaque forme de violence : une explication, un exemple à décrypter, des exercices et les démarches à suivre. Le bouton « Lire plus » ouvre une partie détaillée : causes, conséquences, idées reçues, prévention et cadre légal.
Cyberharcèlement
Messages répétés, menaces, humiliations ou surveillance en ligne pour intimider, contrôler ou nuire à une personne. Ce n'est jamais « juste internet » : c'est une violence.
Le cyberharcèlement, c'est le fait de nuire à une personne de façon répétée avec des outils numériques : messages, commentaires, publications, appels, montages photo. Il peut venir d'une seule personne ou d'un groupe qui s'acharne (harcèlement « de meute »), d'un inconnu comme d'un proche. Contre les femmes, il vise souvent le corps, la sexualité, la réputation ou la prise de parole en public.
Le cyberharcèlement prend des formes très variées : insultes et moqueries sous vos publications, messages privés incessants, appels masqués, rumeurs dans des groupes WhatsApp, montages photo, pages ou comptes créés pour se moquer de vous. Ce qui le définit, c'est la répétition et l'intention de nuire, d'intimider ou de faire taire.
Comment ça se passe
- Le déclencheurUne publication, un refus, une rupture, une opinion donnée en ligne.
- L'escaladeMessages répétés, commentaires blessants, faux comptes pour contourner le blocage.
- L'expositionRumeurs, captures et photos partagées dans des groupes, devant vos proches.
- L'isolementLa victime a peur, se retire des réseaux, perd confiance ou des opportunités.
Des actes répétés
Insultes, menaces ou moqueries envoyées encore et encore, par une personne ou par un groupe.
Partout, à toute heure
Il suit la victime dans son téléphone : à la maison, au travail, la nuit. Il est difficile d'y échapper.
Souvent devant les autres
Commentaires publics, statuts, groupes WhatsApp : l'humiliation est faite devant vos proches.
« Tu crois que tu vas m'ignorer ? Je sais où tu travailles. Si tu ne me réponds pas ce soir, j'envoie tes photos dans le groupe de ton quartier. »
Le harceleur qui surveille
Pression, surveillance et menace
- Il montre qu'il vous surveille (« je sais où tu travailles »)
- Il menace de vous exposer devant vos proches
- Il exige une réponse : il cherche à vous contrôler
Les signaux qui doivent vous alerter
Messages non souhaités
La même personne vous écrit sans arrêt, même après un refus clair.
Surveillance en ligne
Elle commente tout, sait où vous êtes, crée des comptes pour vous suivre.
Publication humiliante
Vos photos ou informations sont partagées sans votre accord pour vous nuire.
Exclusion et rumeurs
On vous retire des groupes, on fait circuler de fausses histoires sur vous.
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Des commentaires moqueurs postés par plusieurs personnes différentes peuvent constituer du cyberharcèlement.
c'est le harcèlement « de meute » : chacun n'écrit qu'une fois, mais ensemble ils harcèlent la victime.
Il faut répondre au harceleur pour lui montrer qu'on n'a pas peur.
répondre nourrit souvent l'escalade. Gardez les preuves, bloquez et signalez.
Une bonne capture d'écran montre la date, le nom du compte et si possible le lien du profil.
ces éléments permettent à la plateforme et aux enquêteurs d'identifier l'auteur.
Un harceleur doit forcément être un inconnu.
l'auteur est souvent un ex-partenaire, un collègue, un camarade ou une connaissance.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Depuis qu'Aïcha a publié une vidéo sur son atelier de couture, un compte anonyme commente chacune de ses publications avec des insultes sur son physique, et lui écrit en privé la nuit.
Que doit-elle faire en premier ?
Que faire ?
- Ne pas répondre, ni discuter, ni négocier avec l'auteur.
- Garder les preuves : captures d'écran avec la date, nom du compte, lien du profil. Avant de bloquer ou de supprimer quoi que ce soit.
- Bloquer et signaler : Facebook, menu ··· → Signaler. WhatsApp : appui long sur le message → Signaler.
- En parler à une personne de confiance. Vous n'avez pas à affronter cela seule.
- Porter plainte et se faire accompagner : auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et auprès d'une structure d'aide aux victimes de violences (centre d'écoute, association, service social).
À retenir
- Ce n'est pas votre faute, et ce n'est pas « juste internet ».
- Les preuves d'abord, le blocage et le signalement ensuite.
- Vous pouvez porter plainte et être accompagnée.
Comprendre en détail
Il touche particulièrement les jeunes femmes actives en ligne : étudiantes, entrepreneures qui vendent sur Facebook ou WhatsApp, créatrices de contenu, militantes. Une publication qui « dérange », un refus d'avance ou une rupture suffit souvent à déclencher une vague d'attaques.
Parce qu'il passe par le téléphone, il ne s'arrête ni le soir ni le week-end : la victime le transporte partout avec elle. C'est pourquoi il faut agir tôt, sans attendre que la situation s'aggrave.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les attaques contre les femmes visent rarement leurs idées : elles s'en prennent au corps, à la tenue, à la vie sentimentale ou à la « respectabilité ». Le but est souvent de les pousser à se taire ou à quitter l'espace public en ligne. Ces violences s'appuient sur des stéréotypes de genre : c'est pour cela qu'on parle de violences basées sur le genre facilitées par la technologie (VBG-FT).
Les conséquences pour les victimes
Santé mentale
Stress, anxiété, troubles du sommeil, perte de confiance en soi, parfois isolement.
Vie professionnelle
Clients perdus, page abandonnée, opportunités refusées par peur d'être exposée.
Relations
Rumeurs auprès de la famille, du quartier ou de l'école, tensions avec les proches.
Autocensure
La victime publie moins, se cache, renonce à donner son avis.
Qui sont les auteurs ?
Les auteurs sont souvent des personnes connues de la victime : ex-partenaire, prétendant éconduit, camarade, collègue. Mais il peut aussi s'agir d'inconnus qui agissent en groupe, protégés par l'anonymat de faux comptes.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Qui peut commenter
Sur Facebook et Instagram, limitez les commentaires de vos publications publiques à vos amis ou abonnés.
Filtrer les mots blessants
Instagram (Mots masqués) et TikTok (filtre de commentaires) cachent automatiquement les insultes.
Groupes WhatsApp
Paramètres → Confidentialité → Groupes → « Mes contacts » : des inconnus ne peuvent plus vous ajouter.
Votre position
Évitez de publier en direct où vous êtes ou vos lieux habituels (domicile, travail, école).
Ce que dit la loi
- Le harcèlement commis par voie électronique est puni par la loi, au même titre que le harcèlement hors ligne. De plus en plus de pays disposent de textes spécifiques sur le numérique et sur les violences faites aux femmes.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Sextorsion
Chantage à l'image intime pour obtenir de l'argent ou d'autres images. Vous n'êtes pas coupable : la faute revient toujours à l'auteur.
La sextorsion est un chantage fondé sur des images ou des vidéos intimes, réelles ou truquées. L'auteur menace de les diffuser pour obtenir de l'argent, d'autres images, des actes sexuels, ou pour garder le contrôle sur la victime. Il peut s'agir d'un ex-partenaire, mais aussi de réseaux d'escrocs qui ciblent des dizaines de personnes avec de faux profils.
La sextorsion repose sur la honte et la peur : l'auteur sait que la victime craint le regard de sa famille, de son entourage ou de son employeur, et il s'en sert pour exiger toujours plus. Les demandes portent sur de l'argent (souvent par Mobile Money), de nouvelles images, des actes sexuels ou le maintien d'une relation.
Comment ça se passe
- Le contactUn profil séduisant, souvent récent, multiplie les compliments.
- La confianceLa conversation va très vite, passe en privé, sur WhatsApp ou en appel vidéo.
- L'imageIl demande une photo, enregistre l'appel vidéo à votre insu ou fabrique un montage.
- Le chantageMenace, somme d'argent, délai très court. Puis il redemande.
La confiance d'abord
L'auteur crée une relation par message, souvent avec un faux profil séduisant, et gagne votre confiance.
L'image obtenue
Une photo ou une vidéo envoyée, un appel vidéo enregistré à votre insu, ou même un montage.
La menace
Il menace de tout envoyer à votre famille, à vos collègues ou dans des groupes si vous ne payez pas. Puis il redemande.
« J'ai enregistré notre appel vidéo. Si tu ne m'envoies pas 100 000 FCFA avant ce soir, la vidéo part à toute ta liste d'amis et à ta famille. »
Le chantage après l'appel vidéo
Menace de diffusion contre de l'argent
- Un délai très court pour vous faire paniquer
- Il cite vos proches pour vous faire peur
- Payer n'efface rien : il reviendra demander plus
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Les plateformes peuvent retirer une image intime publiée sans votre accord.
Facebook, Instagram, TikTok et WhatsApp ont un signalement spécifique pour les images intimes non consenties.
Payer une première fois met fin au chantage.
payer montre que le chantage fonctionne : l'auteur revient presque toujours avec de nouvelles exigences.
Il faut supprimer la conversation pour ne plus voir les menaces.
gardez-la : ce sont vos preuves. Vous pouvez l'archiver et couper les notifications.
Un appel vidéo peut être enregistré à votre insu.
c'est même la méthode la plus utilisée par les réseaux de sextorsion.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Rosine reçoit ce message d'un compte inconnu : « J'ai ta vidéo. 50 000 FCFA avant 20 h ou je l'envoie à ta famille. » Elle panique.
Quelle est la meilleure réaction ?
Que faire ?
- Ne pas payer et ne pas envoyer d'autres images. Céder une fois, c'est montrer que le chantage marche.
- Garder les preuves : messages de menace, profil de l'auteur, numéros, références de paiement demandées.
- Bloquer et signaler le compte sur la plateforme, dans la catégorie « nudité » ou « partage d'images intimes ».
- Faire retirer le contenu : les plateformes retirent les images intimes partagées sans consentement. L'outil gratuit StopNCII.org aide aussi à empêcher leur diffusion sur plusieurs réseaux.
- Porter plainte et se faire accompagner : police ou structure chargée de la cybercriminalité, centre d'écoute ou association d'aide aux victimes, accompagnement juridique par une association de défense des droits des femmes.
À retenir
- Vous n'êtes pas coupable : la faute revient à celui qui menace.
- Ne payez pas, ne négociez pas, n'envoyez rien d'autre.
- Le contenu peut être retiré : agissez vite et faites-vous aider.
Comprendre en détail
Deux situations sont fréquentes. D'un côté, l'ex-partenaire qui conserve des images partagées en confiance et menace de les publier après une rupture. De l'autre, des réseaux d'escrocs qui créent de faux profils séduisants, obtiennent une image ou enregistrent un appel vidéo, puis font chanter des dizaines de personnes à la fois.
Avec l'intelligence artificielle, il devient aussi possible de fabriquer de fausses images intimes à partir d'une simple photo de profil. Même si l'image est truquée, la violence est réelle, et elle se signale de la même manière.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les femmes subissent un jugement social beaucoup plus dur que les hommes lorsqu'une image intime circule. Les auteurs exploitent ce double standard : ils comptent sur la honte pour obtenir le silence et le paiement. Rappelons-le : la seule personne fautive est celle qui menace ou qui diffuse.
Les conséquences pour les victimes
Choc et peur
Panique, honte, sentiment d'être prise au piège : en parler vite est essentiel.
Pertes d'argent
Des paiements répétés qui ne mettent jamais fin au chantage.
Isolement
Peur que la famille ou l'entourage l'apprenne, repli sur soi.
Diffusion
Si les images circulent, atteinte durable à la réputation : d'où l'importance de demander le retrait rapidement.
Qui sont les auteurs ?
Des ex-partenaires et des prétendants, mais aussi des réseaux organisés qui opèrent depuis l'étranger ou depuis la sous-région, avec de faux profils et plusieurs comptes Mobile Money.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Caméra et appels vidéo
Refusez les appels vidéo d'inconnus et méfiez-vous des appels qui arrivent juste après un premier contact.
Rester non identifiable
Si vous partagez une image intime, évitez visage, tatouages, décor ou objets reconnaissables.
Liste d'amis cachée
Masquez votre liste d'amis : c'est elle que l'auteur utilise pour menacer d'envoyer à vos proches.
Profil trop parfait
Un compte récent, très séduisant, qui veut vite passer en privé : prudence.
Ce que dit la loi
- Menacer de diffuser ou diffuser des images intimes sans consentement est une infraction : c'est une atteinte à la vie privée et à la dignité. Que l'image soit réelle ou truquée ne change rien.
- Retrait du contenu : la plainte et le signalement aux plateformes permettent d'obtenir la suppression des images.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Piratage de compte
Accès non autorisé à votre WhatsApp, Facebook ou e-mail pour espionner, voler vos données ou usurper votre identité.
Le piratage de compte, c'est quand une autre personne prend le contrôle de votre WhatsApp, Facebook, Instagram, TikTok ou e-mail. Elle peut lire vos messages, copier vos photos, écrire à vos contacts en votre nom, leur demander de l'argent, ou vous empêcher de vous reconnecter. Dans les violences faites aux femmes, c'est souvent un proche qui connaît le code du téléphone.
Un compte piraté, ce n'est pas qu'un problème technique : ce sont votre vie privée, vos conversations, vos photos et votre réseau de contacts qui passent entre les mains de quelqu'un d'autre. Le pirate peut s'en servir pour vous surveiller, vous faire chanter ou escroquer vos proches en votre nom.
Comment ça se passe
- L'accèsCode SMS obtenu par ruse, faux lien, mot de passe deviné ou téléphone laissé ouvert.
- Le verrouillageIl change le mot de passe et l'e-mail de récupération pour vous mettre dehors.
- L'exploitationIl lit vos conversations, copie vos photos et vos contacts.
- L'abusEscroquerie de vos proches, chantage, publications en votre nom.
Le code SMS volé
On vous demande de « renvoyer un code reçu par erreur ». Ce code sert à prendre votre WhatsApp.
Le faux lien
Une page qui imite Facebook ou votre messagerie récupère votre mot de passe dès que vous le tapez.
Le mot de passe deviné
Date de naissance, prénom, « 123456 » ou un même mot de passe partout : il suffit d'une fuite.
Le téléphone ouvert
Un téléphone sans code, prêté ou laissé ouvert, ou une application espionne installée à votre insu.
« Coucou ! Je t'ai envoyé par erreur un code à 6 chiffres par SMS. Tu peux me le transférer s'il te plaît ? C'est urgent. »
Le faux code « envoyé par erreur »
Prise de contrôle du compte WhatsApp
- Ce code sert à installer VOTRE WhatsApp sur un autre téléphone
- Le compte de votre contact est sans doute déjà piraté
- L'urgence vous empêche de vérifier
Signes que votre compte est piraté
Connexion inconnue
Une alerte de connexion depuis un appareil ou une ville que vous ne connaissez pas.
Messages envoyés à votre insu
Vos contacts reçoivent des messages ou des demandes d'argent que vous n'avez pas écrits.
Impossible de vous connecter
Votre mot de passe habituel ne marche plus : quelqu'un l'a changé.
Code reçu sans raison
Un code de vérification arrive alors que vous n'avez rien demandé.
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
WhatsApp ne vous demandera jamais d'envoyer votre code à 6 chiffres à quelqu'un.
ce code sert uniquement à installer WhatsApp sur un téléphone. Celui qui le demande veut prendre votre compte.
Utiliser le même mot de passe partout est acceptable s'il est long.
si un seul site se fait voler ses données, tous vos comptes deviennent accessibles.
On peut voir la liste des appareils connectés à son compte Facebook ou Gmail.
dans les paramètres de sécurité, vous pouvez aussi déconnecter un appareil à distance.
Si une amie vous demande un code reçu par SMS, c'est sans risque.
son compte est probablement déjà piraté : le pirate utilise son nom pour prendre le vôtre.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Mariam reçoit une alerte : « Nouvelle connexion à votre compte depuis un appareil Android. » Elle ne reconnaît ni l'appareil ni la ville indiquée.
Que doit-elle faire ?
Protéger et récupérer son compte
- Activer la vérification en deux étapes. WhatsApp : Paramètres → Compte → Vérification en deux étapes. Facebook : Paramètres → Espace Comptes → Mot de passe et sécurité.
- Vérifier les appareils connectés et déconnecter tout appareil inconnu.
- Changer le mot de passe : au moins 12 caractères, un mot de passe différent pour chaque compte.
- Ne jamais partager un code reçu par SMS ou e-mail, même à un proche.
- Si le compte est déjà piraté : reconnectez-vous à WhatsApp avec votre numéro, utilisez facebook.com/hacked pour Facebook, prévenez vos contacts. Si votre carte SIM ne marche plus, appelez tout de suite votre opérateur.
À retenir
- Ne partagez jamais un code reçu par SMS ou e-mail.
- Activez la vérification en deux étapes aujourd'hui.
- Connexion inconnue = changer le mot de passe et déconnecter l'appareil tout de suite.
Comprendre en détail
La plupart des piratages ne demandent aucune compétence particulière : un code SMS obtenu par ruse, un mot de passe trop simple ou réutilisé, un faux lien de connexion, un téléphone laissé sans verrouillage. C'est une bonne nouvelle : quelques gestes simples suffisent à bloquer l'essentiel des attaques.
Dans un couple, le contrôle passe aussi par le téléphone : exiger les codes, lire les messages, installer une application qui suit la position ou lit les conversations. C'est une forme de violence, même sans « hacker » au sens technique.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les femmes sont plus souvent victimes d'un accès à leurs comptes par un proche (partenaire, ex, membre de la famille) qui veut surveiller leurs échanges, leurs déplacements ou leurs fréquentations. Le piratage devient alors un outil de contrôle et de jalousie.
Les conséquences pour les victimes
Surveillance
Messages lus, position suivie, fréquentations contrôlées.
Escroquerie des proches
Le pirate demande de l'argent à vos contacts en se faisant passer pour vous.
Photos volées
Photos privées copiées puis utilisées pour faire chanter ou humilier.
Perte d'accès
Compte professionnel ou page de vente perdus, avec tous les clients.
Qui sont les auteurs ?
Des escrocs qui volent des comptes WhatsApp à la chaîne, mais aussi, très souvent, des proches qui connaissent le code du téléphone ou qui ont eu accès à l'appareil.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Téléphone verrouillé
Un code ou une empreinte que personne d'autre ne connaît, même pas votre partenaire.
Deux étapes partout
Vérification en deux étapes et code PIN WhatsApp : un mot de passe volé ne suffit plus.
Contrôle mensuel
Une fois par mois, regardez les appareils connectés à vos comptes.
Applications sûres
N'installez que depuis le Play Store ou l'App Store, et retirez les applications inconnues.
Ce que dit la loi
- Accéder sans autorisation au compte ou au téléphone de quelqu'un est puni par la loi, même lorsque l'auteur est un partenaire ou un membre de la famille.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Phishing (hameçonnage)
Faux SMS, e-mails ou liens qui imitent une banque, un opérateur ou un service officiel pour voler vos identifiants, vos codes ou votre argent.
Le phishing (ou hameçonnage) est un message piège (SMS, e-mail, WhatsApp, appel) qui se fait passer pour une banque, un opérateur Mobile Money, une administration ou une marque connue. Son but : vous faire cliquer, taper un code ou envoyer de l'argent. Les messages sont de plus en plus soignés : sans fautes, avec logos et numéros qui ressemblent aux vrais.
Le phishing est la porte d'entrée de nombreuses autres violences : un mot de passe volé par un faux lien permet ensuite de pirater un compte, d'usurper une identité ou de vider un compte Mobile Money. Savoir le reconnaître protège donc contre beaucoup de risques à la fois.
Comment ça se passe
- L'appâtUn message urgent ou une bonne nouvelle : blocage, colis, gain, remboursement.
- Le clicLe lien mène à un faux site, copie parfaite du vrai.
- La saisieVous tapez votre mot de passe, votre code secret ou votre code SMS.
- Le volLe compte est vidé ou piraté dans les minutes qui suivent.
Urgence artificielle
« Votre compte sera bloqué dans 24 h » : on veut vous faire agir sans réfléchir.
Lien suspect
Une adresse avec des fautes, un domaine inconnu ou un lien raccourci. Le vrai site n'est pas celui-là.
Demande de code
Aucun service sérieux ne demande votre code PIN, votre mot de passe ou votre code SMS.
Gain inattendu
« Vous avez gagné 500 000 FCFA » sans avoir participé à rien : c'est un piège.
« Votre compte Mobile Money sera suspendu dans 24 h. Pour le garder actif, confirmez votre identité sur ce lien et saisissez votre code secret. »
Le faux message de l'opérateur
Vol du code Mobile Money
- Une menace de suspension avec un délai court
- Un lien qui n'est pas le site officiel de l'opérateur
- On vous demande votre code secret : aucun opérateur ne le fait
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Un opérateur peut vous demander votre code secret Mobile Money par SMS.
aucun opérateur ni aucune banque ne vous demande votre code secret. Jamais.
L'adresse « momo-securite-compte.com » est forcément le site officiel de votre opérateur.
n'importe qui peut acheter un nom de domaine qui contient le nom d'une marque.
En cas de doute, il vaut mieux appeler le numéro officiel plutôt que celui indiqué dans le message.
le numéro du message peut appartenir à l'escroc.
Un message qui impose un délai très court (« dans 24 h ») est un signal d'alerte.
l'urgence sert à vous empêcher de réfléchir et de vérifier.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Trois SMS arrivent le même jour sur le téléphone de Bénédicte.
Lequel est le plus probablement une arnaque ?
Que faire ?
- Ne pas cliquer sur le lien, même si le message semble venir de votre banque ou de votre opérateur.
- Signaler le message au service client officiel de votre opérateur ou de votre banque, puis le supprimer.
- Si vous avez cliqué ou donné un code : changez tout de suite vos mots de passe et appelez votre banque ou votre opérateur pour bloquer les opérations.
- Activer la vérification en deux étapes sur vos comptes pour limiter les dégâts si un mot de passe est volé.
À retenir
- Dans le doute, ne cliquez pas.
- Personne de sérieux ne vous demande votre code secret.
- Vérifiez par le numéro officiel, jamais par celui du message.
Comprendre en détail
Les messages les plus courants imitent les opérateurs Mobile Money, les banques, les services de livraison, les recrutements, les bourses d'études ou des concours sur les réseaux sociaux. Ils arrivent par SMS, par WhatsApp, par e-mail ou même par appel téléphonique.
Les escrocs travaillent leurs messages : logos officiels, ton professionnel, numéros qui ressemblent aux vrais. Le seul réflexe fiable est de ne jamais agir depuis le message lui-même, mais de vérifier par un canal que vous choisissez.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les femmes entrepreneures et les étudiantes reçoivent beaucoup de messages ciblés : faux financements réservés aux femmes, fausses bourses, faux partenariats avec des marques. Ces offres jouent sur des besoins réels pour paraître crédibles.
Les conséquences pour les victimes
Argent perdu
Compte Mobile Money ou bancaire vidé en quelques minutes.
Comptes piratés
Mot de passe volé, puis prise de contrôle de vos réseaux sociaux.
Données exposées
Nom, numéro, pièce d'identité réutilisés pour d'autres escroqueries.
Culpabilité
Honte d'avoir cliqué. Pourtant, ces pièges sont conçus pour tromper tout le monde.
Qui sont les auteurs ?
Des réseaux d'escrocs qui envoient des milliers de messages à la fois, en espérant que quelques personnes cliqueront.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Taper soi-même l'adresse
Pour votre banque ou votre messagerie, utilisez l'application officielle ou tapez l'adresse vous-même.
Codes secrets pour vous seule
Code PIN, mot de passe, code SMS : ils ne se donnent à personne, ni par message ni par téléphone.
Deux étapes
La vérification en deux étapes limite les dégâts si un mot de passe est volé.
Téléphone à jour
Les mises à jour corrigent des failles utilisées par les pirates.
Ce que dit la loi
- L'escroquerie en ligne, la collecte frauduleuse de données personnelles et l'accès frauduleux aux comptes sont punis par la loi.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Usurpation d'identité
Quelqu'un crée un faux profil avec votre nom et vos photos pour tromper vos proches, demander de l'argent ou salir votre réputation.
L'usurpation d'identité en ligne consiste à utiliser votre nom, vos photos, votre numéro ou vos documents pour se faire passer pour vous. Le but peut être d'escroquer vos proches, de vous ridiculiser, de publier des contenus sexuels en votre nom ou de nuire à votre réputation professionnelle.
L'usurpation d'identité en ligne peut viser votre argent, votre réputation, ou les deux. Un faux profil à votre nom peut demander de l'argent à vos amis, publier des contenus choquants, insulter des personnes en votre nom ou vous inscrire sur des sites que vous n'avez jamais visités.
Comment ça se passe
- La collectePhotos publiques, nom, ville, liste d'amis récupérés sur vos profils.
- La copieUn faux profil presque identique au vôtre est créé.
- Le contactLe faux compte ajoute vos amis, votre famille, vos clients.
- L'abusDemandes d'argent, messages gênants, publications pour vous salir.
Un faux compte à votre image
Vos photos et votre nom copiés sur Facebook, Instagram ou TikTok.
Des demandes d'argent en votre nom
Le faux compte écrit à vos contacts pour leur demander de l'argent ou des codes.
Vos données réutilisées
Votre nom, votre numéro ou vos documents servent à ouvrir des comptes ou à tromper d'autres personnes.
« Coucou ma chérie, c'est mon nouveau compte, l'ancien a un problème. Tu peux m'envoyer 20 000 FCFA par Mobile Money ? Je te rembourse demain. »
Le « nouveau compte »
Demande d'argent au nom d'une amie
- Un « nouveau compte » sans explication claire
- Une demande d'argent dès les premiers messages
- Peu d'amis, des photos copiées de l'ancien profil
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Facebook et Instagram proposent un formulaire pour signaler un faux profil, même sans avoir de compte.
le formulaire d'usurpation d'identité est accessible depuis leur pages d'aide.
Le « nouveau compte » d'une amie qui demande de l'argent doit être vérifié par un appel.
appelez-la sur son numéro habituel avant tout envoi.
L'usurpation d'identité en ligne n'est pas punie par la loi.
c'est une infraction : vous pouvez porter plainte, preuves à l'appui.
Une fois le faux profil signalé, il est inutile de prévenir ses contacts.
le signalement peut prendre du temps : vos proches doivent savoir tout de suite qu'il s'agit d'un faux.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Une amie vous écrit : « Ton nouveau compte vient de me demander 30 000 FCFA ! » Vous n'avez créé aucun nouveau compte.
Que faites-vous ?
Que faire si quelqu'un se fait passer pour vous ?
- Signaler le faux profil à la plateforme, dans la catégorie « Se fait passer pour moi » ou « usurpation d'identité ».
- Prévenir vos contacts depuis votre vrai compte : le faux profil ne vous appartient pas.
- Garder les preuves : lien du faux profil, captures des photos et des messages envoyés en votre nom.
- Porter plainte : l'usurpation d'identité en ligne est un délit. Adressez-vous à la police ou à la structure chargée de la cybercriminalité.
- Limiter qui voit vos photos et vos informations : c'est ce qui sert à copier votre profil.
À retenir
- Signalez le faux profil et faites-le signaler par vos amis.
- Prévenez vos contacts depuis votre vrai compte.
- Toute demande d'argent par message se vérifie par un appel.
Comprendre en détail
Pour une entrepreneure, les dégâts sont aussi commerciaux : une fausse page qui copie votre boutique peut encaisser des commandes à votre place et faire perdre la confiance de vos clients.
Les situations les plus difficiles à vivre sont les faux profils à caractère sexuel créés avec les photos d'une femme pour l'humilier ou la harceler. Ils doivent être signalés immédiatement et peuvent faire l'objet d'une plainte.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les photos de femmes sont plus souvent copiées pour créer de faux profils séduisants, utilisés ensuite dans des arnaques sentimentales, ou des comptes à caractère sexuel. La victime subit alors une double atteinte : à son image et à sa réputation.
Les conséquences pour les victimes
Proches escroqués
Amis et famille trompés par le faux compte.
Réputation abîmée
Propos ou images attribués à tort à la victime.
Clients perdus
Fausse boutique ou fausse page qui détourne les commandes.
Démarches longues
Signalements, plainte, explications à donner autour de soi.
Qui sont les auteurs ?
Des escrocs qui recyclent des photos pour leurs arnaques, mais aussi des harceleurs ou des ex-partenaires qui veulent nuire à la réputation de la victime.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Photos en audience restreinte
Réservez vos photos personnelles à vos amis, pas au public.
Liste d'amis masquée
Elle sert au faux compte pour savoir qui contacter.
Recherche régulière
Tapez votre nom sur les réseaux et faites une recherche par image (Google Lens) de votre photo.
Code familial
Convenez avec vos proches de toujours vérifier par appel une demande d'argent par message.
Ce que dit la loi
- L'usurpation d'identité en ligne est un délit passible de prison et d'amende. Utiliser les données ou les photos d'une personne sans son accord est aussi sanctionné.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Arnaques financières en ligne
Faux investissements, faux emplois, arnaques sentimentales, fausses erreurs de transfert : des pièges pour prendre votre argent.
Les arnaques financières en ligne utilisent un mensonge pour obtenir votre argent : faux placements, faux emplois, fausses bourses ou financements, arnaques sentimentales, fausses « erreurs de transfert » Mobile Money, faux vendeurs. Les femmes entrepreneures et les étudiantes sont souvent visées par les faux financements et les fausses offres d'emploi.
Les arnaques financières sont l'une des formes de violence numérique les plus fréquentes aujourd'hui. Elles passent par Mobile Money, WhatsApp, Facebook, les sites d'annonces et même les appels téléphoniques. Les montants peuvent paraître petits, mais répétés, ils mettent des familles et des activités en difficulté.
Comment ça se passe
- Le contactUn message, une publicité, une annonce ou une rencontre en ligne.
- La confianceL'escroc se présente comme une banque, un recruteur, un proche ou un amoureux.
- L'urgenceIl faut payer vite : frais de dossier, taxe, douane, « dernière chance ».
- La disparitionUne fois l'argent envoyé, plus de réponse. Ou une nouvelle demande.
Confiance
L'escroc se fait passer pour une personne fiable : banque, proche, recruteur, autorité.
Urgence
Il vous presse : « agissez maintenant ou vous perdez tout ».
Peur
Il menace : blocage du compte, arrestation, scandale.
Gain facile
Il promet un gain rapide et énorme : héritage, loterie, placement miracle.
« Félicitations ! Votre candidature est retenue pour un poste à l'étranger à 800 000 FCFA par mois. Payez 75 000 FCFA de frais de dossier avant vendredi pour réserver votre place. »
Le faux emploi à l'étranger
Frais de dossier à payer
- Une embauche sans entretien
- Des frais à payer pour obtenir un emploi
- Un délai très court pour payer
Les signaux d'alerte (un seul suffit pour tout arrêter)
Pression pour décider vite
« Vous devez agir dans les 2 heures. » Une vraie urgence laisse le temps de vérifier.
Paiement par un canal inhabituel
Transfert à un particulier, carte cadeau, cryptomonnaie.
Trop beau pour être vrai
Un gain ou une offre que personne ne fait sans raison.
« N'en parlez à personne »
Une démarche honnête n'a jamais besoin de secret.
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Un vrai employeur peut demander des frais de dossier pour vous embaucher.
un employeur sérieux ne fait jamais payer pour obtenir un poste.
Un placement qui promet de doubler votre argent en une semaine est un signal d'arnaque.
aucun placement honnête ne garantit un tel gain.
Avant de rembourser une « erreur de transfert », il faut vérifier son vrai solde et appeler son opérateur.
le SMS de dépôt est souvent un faux message imité.
On peut envoyer de l'argent à une personne rencontrée en ligne si elle a l'air sincère.
les arnaques sentimentales reposent justement sur une sincérité jouée pendant des semaines.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Grâce reçoit un SMS : « Vous avez reçu 25 000 FCFA. » Juste après, un inconnu l'appelle : « Je me suis trompé de numéro, rends-moi l'argent s'il te plaît. »
Que doit-elle faire ?
Je pense être victime : que faire ?
- Arrêter tout contact et tout paiement, même si on vous promet de récupérer votre argent.
- Appeler tout de suite votre opérateur ou votre banque sur son numéro officiel pour signaler la transaction et demander le blocage des fonds.
- Garder les preuves : captures des messages, numéros, références de transaction.
- Signaler le compte à la plateforme pour protéger d'autres victimes.
- Porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la cybercriminalité, avec toutes vos preuves.
À retenir
- Trop beau pour être vrai ? C'est une arnaque.
- On ne paie jamais pour obtenir un emploi, une bourse ou un gain.
- Victime ? Appelez tout de suite votre opérateur ou votre banque.
Comprendre en détail
Toutes les arnaques reposent sur les mêmes leviers : la confiance (on se fait passer pour quelqu'un de fiable), l'urgence (il faut agir tout de suite), la peur (blocage, sanction, scandale) ou l'appât du gain (un gain trop beau pour être vrai). Reconnaître ces leviers permet de repérer une arnaque, même nouvelle.
Les arnaques sentimentales méritent une attention particulière : l'escroc construit une relation pendant des semaines, parfois des mois, avant de demander de l'argent pour une urgence. La victime perd alors à la fois son argent et sa confiance.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les femmes entrepreneures sont ciblées par les faux financements, les faux fournisseurs et les faux clients ; les étudiantes par les fausses bourses et les faux emplois ; les femmes seules par les arnaques sentimentales. Les escrocs adaptent leur histoire au profil de chaque victime.
Les conséquences pour les victimes
Épargne perdue
Économies, fonds de commerce ou frais de scolarité envolés.
Honte et silence
Beaucoup de victimes n'osent pas en parler, ce qui empêche de bloquer les fonds à temps.
Tensions familiales
Argent emprunté à des proches, conflits.
Nouvelles arnaques
Les victimes sont souvent recontactées par de faux « récupérateurs » d'argent.
Qui sont les auteurs ?
Des réseaux organisés, souvent bien renseignés sur leurs cibles grâce à ce qu'elles publient en ligne.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Stop – Vérifier – Décider
Je m'arrête, je vérifie par un autre moyen, puis je décide. Jamais dans la précipitation.
Jamais payer pour gagner
Emploi, bourse, prêt, gain, héritage : si on vous demande de payer d'abord, c'est non.
Vérifier l'entreprise
Site officiel, adresse réelle, avis, appel au numéro trouvé par vous-même.
En parler
Avant tout transfert important, parlez-en à une personne de confiance.
Ce que dit la loi
- L'escroquerie est punie, y compris lorsqu'elle est commise en ligne ou par Mobile Money. Plus la plainte est rapide, plus il y a de chances de bloquer les fonds.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Chantage numérique
Quelqu'un menace de révéler des conversations, des photos ou des secrets pour obtenir de l'argent, des faveurs ou votre silence. C'est un délit.
Le chantage numérique, c'est menacer de révéler ou de publier quelque chose de privé (conversations, photos, secrets, informations sur la santé, la famille ou le travail) pour forcer une personne à faire ce qu'on veut. Il est fréquent dans le couple ou après une rupture, et va souvent de pair avec le contrôle et la jalousie.
Le chantage numérique utilise ce que l'auteur sait ou possède sur vous : conversations, photos, informations sur votre santé, votre famille, votre passé ou votre travail. La menace de tout révéler sert à obtenir de l'argent, des faveurs, ou à vous empêcher de partir ou de parler.
Comment ça se passe
- L'accèsConversations, photos ou secrets obtenus en confiance ou par piratage.
- La menace« Si tu ne fais pas ce que je dis, tout le monde saura. »
- L'exigenceArgent, faveurs sexuelles, silence, reprise de la relation.
- La répétitionCéder une fois appelle d'autres demandes.
Ce qui est utilisé
Conversations privées, photos, informations sur votre famille, votre santé ou votre travail.
Ce qu'il veut
De l'argent, des faveurs sexuelles, votre silence, ou vous forcer à rester dans une relation.
Qui le fait
Souvent un ex-partenaire ou une connaissance, parfois un inconnu qui a piraté un compte.
« Si tu me quittes, j'envoie toutes nos conversations privées à ta famille et à ton patron. Tu as jusqu'à demain pour répondre. »
Le chantage de l'ex
Contrôle par la menace
- Il veut contrôler vos décisions
- Il menace de vous exposer devant vos proches
- Un ultimatum pour vous faire paniquer
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
Le chantage numérique peut venir d'un ex-partenaire.
c'est même l'un des cas les plus fréquents, surtout après une rupture.
Les menaces envoyées en message vocal peuvent servir de preuves.
conservez-les et notez la date : elles comptent autant qu'un message écrit.
Il vaut mieux garder le secret pour éviter le scandale.
l'isolement donne du pouvoir à l'auteur. En parler permet d'être protégée.
Bloquer l'auteur sur WhatsApp supprime les messages déjà reçus.
la conversation reste sur votre téléphone. Faites quand même vos captures avant de bloquer.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Après la rupture, l'ex de Nadège menace d'envoyer leurs conversations privées à son patron si elle ne revient pas avec lui.
Quelle est la meilleure réaction ?
Que faire ?
- Couper le contact : ne répondez plus et bloquez l'auteur partout où il vous écrit.
- Documenter les menaces : captures avec les dates, noms de comptes, numéros.
- Parler à un proche ou à un professionnel : l'isolement aggrave la situation.
- Porter plainte auprès de la police. Accompagnement confidentiel : centre d'écoute ou association d'aide aux victimes de violences.
À retenir
- Ne cédez jamais au chantage.
- Gardez les preuves et coupez le contact.
- Parlez-en : vous n'avez pas à porter ce poids seule.
Comprendre en détail
Il se produit souvent dans le cadre d'une relation : pendant le couple, pour contrôler ; après une rupture, pour se venger ou forcer un retour. Il peut aussi venir de quelqu'un qui a piraté un compte ou trouvé des informations dans un téléphone.
Le chantage isole : la victime a peur des conséquences si elle en parle. C'est précisément sur ce silence que compte l'auteur. Briser ce silence, auprès d'une personne de confiance ou d'une structure d'appui, change le rapport de force.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Les femmes sont davantage exposées au chantage lié à la réputation et à la sexualité, car la société les juge plus sévèrement. Dans le couple, le chantage s'ajoute souvent à d'autres formes de violence : contrôle, jalousie, violences psychologiques.
Les conséquences pour les victimes
Peur permanente
Anxiété, sentiment d'être piégée, difficulté à prendre des décisions.
Perte de liberté
Obligation de rester dans une relation ou de faire ce que l'auteur exige.
Pertes d'argent
Paiements répétés pour « acheter » le silence.
Isolement
Éloignement des proches par peur qu'ils découvrent la vérité.
Qui sont les auteurs ?
Le plus souvent un partenaire ou un ex-partenaire, parfois une connaissance ou une personne qui a eu accès au téléphone ou à un compte.
Idées reçues : retournez les cartes
Se protéger avant
Après une rupture
Changez vos mots de passe et codes, et déconnectez les appareils que l'autre a pu utiliser.
Comptes séparés
Évitez les comptes partagés et les codes connus de votre partenaire.
Un cercle de confiance
Identifiez une ou deux personnes à qui parler sans honte si un problème arrive.
Signes de contrôle
Exiger vos codes, lire vos messages, surveiller votre position : ce sont des signaux d'alerte.
Ce que dit la loi
- Menacer quelqu'un pour obtenir de l'argent, un acte ou son silence est un délit. Dans le couple, ces menaces relèvent aussi des violences faites aux femmes.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Protection & mots de passe
Des mots de passe solides, la vérification en deux étapes et quelques bons réglages protègent contre la plupart des attaques, sans compétence technique.
La sécurité numérique, c'est un ensemble de petits gestes qui protègent vos comptes, votre téléphone et vos informations. Pas besoin d'être experte : un mot de passe solide, la vérification en deux étapes et de bons réglages de confidentialité bloquent la plupart des attaques décrites plus haut.
La plupart des violences présentées sur cette page commencent par une faille simple : un mot de passe deviné, un code partagé, un compte sans vérification en deux étapes, des photos visibles par tout le monde. Fermer ces portes réduit fortement les risques.
Comment ça se passe
- Semaine 1 : mots de passeUn mot de passe long et différent pour chaque compte important.
- Semaine 2 : deux étapesActivez la vérification en deux étapes sur WhatsApp, Facebook, Gmail, TikTok.
- Semaine 3 : confidentialitéQui voit vos photos, votre liste d'amis, qui peut vous écrire.
- Semaine 4 : nettoyageAppareils connectés, applications inconnues, mises à jour.
Essayez le générateur : il crée des mots de passe forts au hasard, directement dans votre navigateur. Rien n'est enregistré ni envoyé.
Les bons réflexes, à cocher
Cinq gestes à faire cette semaine
- Un mot de passe fort et unique par compte : au moins 12 caractères, par exemple une phrase.
- La vérification en deux étapes partout : WhatsApp, Facebook, Gmail, TikTok.
- Contrôler sa confidentialité : qui voit vos publications, qui peut vous écrire.
- Ne pas rester connectée sur un appareil public. Si c'est arrivé, déconnectez-vous à distance et changez le mot de passe.
- Retirer les applications inconnues qui ont accès à vos comptes.
Entraînez-vous
Vrai ou faux ?
Cliquez sur votre réponse : l'explication apparaît.
« Soleil2024 » est un mot de passe solide.
un mot courant suivi d'une année : c'est parmi les premiers essais d'un pirate.
Une phrase de passe longue est plus solide qu'un mot court plein de symboles.
la longueur compte plus que la complexité.
La vérification en deux étapes protège même si votre mot de passe est volé.
sans le deuxième code, le pirate ne peut pas entrer.
Le Wi-Fi public gratuit est sûr pour se connecter à sa banque.
préférez vos données mobiles pour les opérations sensibles.
Mise en situation
Choisissez la meilleure réaction. Vous pouvez tester toutes les réponses.
Clarisse veut changer le mot de passe de son compte Gmail.
Lequel de ces mots de passe est le plus sûr ?
À retenir
- Un mot de passe long et unique par compte.
- La vérification en deux étapes partout.
- Des réglages de confidentialité revus régulièrement.
Comprendre en détail
La sécurité numérique n'est pas une affaire d'experts. Elle se construit pas à pas, avec des réglages que l'on fait une fois et que l'on vérifie de temps en temps. Le plan ci-dessous se fait en quatre semaines, à raison de quelques minutes par semaine.
Se protéger, ce n'est pas se cacher ni renoncer à Internet : c'est garder le contrôle sur ce que l'on partage, avec qui, et sur qui peut accéder à ses comptes.
Pourquoi les femmes sont particulièrement visées
Pour les femmes, se protéger en ligne, c'est aussi protéger sa liberté de s'exprimer, de travailler et d'entreprendre sur Internet sans être exposée à la surveillance, au chantage ou au harcèlement.
Idées reçues : retournez les cartes
Ce que dit la loi
- Vos données personnelles sont protégées par la loi. En cas d'utilisation abusive, vous pouvez saisir l'autorité chargée de la protection des données personnelles de votre pays.
- Droit à l'effacement : vous pouvez demander à une organisation de supprimer les données personnelles qu'elle détient sur vous.
- Vos recours : porter plainte auprès de la police ou de la structure chargée de la lutte contre la cybercriminalité, et vous faire accompagner par une structure d'aide aux victimes de violences. Venez avec vos preuves : captures, liens, numéros, références de transaction.
- Sur Digital Safe Space : vous pouvez signaler votre situation de façon confidentielle pour être orientée.
Les modules de formation
Trois modules pratiques et une fiche réflexe, issus des ateliers Digital Safe Space. À suivre à votre rythme, sur téléphone ou sur ordinateur.
Sécurisation avancée
Sécuriser votre e-mail, repérer une intrusion, réagir à un piratage et utiliser un gestionnaire de mots de passe.
- E-mail et 2FA
- Signes d'intrusion
- Gestionnaire de mots de passe
Identité numérique & e-réputation
Ce que vos photos révèlent, les réglages Facebook, Instagram et TikTok, l'usurpation et vos droits.
- Localisation des photos
- Confidentialité des réseaux
- Harcèlement et usurpation
Arnaques financières
Six scénarios réels à décrypter, les signaux d'alerte, la méthode stop-vérifier-décider et que faire si vous êtes victime.
- Scénarios interactifs
- Signaux d'alerte
- Que faire si victime
Fiche réflexe
Les bons réflexes en une page, avec les contacts utiles. À enregistrer sur votre téléphone ou à imprimer.
- Réflexes clés
- Contacts utiles
- À imprimer
Orientation
Besoin d'aide ?
Digital Safe Space oriente les victimes de violences numériques vers les services de prise en charge. Vous n'êtes pas seule.
Signaler une situationFormulaire confidentiel : nous vous orientons vers les bons services.La fiche réflexeLes bons gestes en cas de cyberviolence, à garder sur votre téléphone.