T’est-il déjà arrivé d’hésiter avant de poster une opinion, une photo, un article, par peur de ce qui allait suivre dans les commentaires ? Si la réponse est oui, ce n’est pas de la paranoïa, c’est le résultat d’un système. Les femmes sont les premières cibles des violences en ligne, et ce n’est pas un hasard, c’est une stratégie : on ne critique pas l’idée, on critique le corps ; on n’argumente pas, on insulte ; on ne débat pas, on disqualifie.
L’objectif des violences basées sur le genre facilitées par la technologie est simple : ramener sans cesse la femme à sa condition pour l’exclure de l’espace public numérique. On appelle cela « l’effet de sourdine ». Ce ne sont pas des débats d’opinion, ce sont des tactiques d’éviction, une forme de censure moderne et délibérée, qui tente de recréer en ligne les barrières sexistes déjà combattues dans la vie réelle.
Alors, que faire ? Comprendre d’abord que ce n’est pas personnel, c’est politique. Identifier la violence et la nommer, c’est déjà refuser de la normaliser. Ne pas rester seule, car le but du harceleur est d’isoler, et la solidarité est une réponse collective à une violence collective. Occuper l’espace, car ta voix a de la valeur : le numérique est aussi à toi, un droit et non un privilège à mériter.